UN PAS DE CÔTÉ

Aujourd’hui, j’annonce avec beaucoup d’émotion que l’édition 2024 du Festival de Lanaudière sera ma dernière à titre de directeur général de cette fantastique institution.

 

Depuis quatre ans, j’ai l’immense bonheur de travailler avec une équipe passionnée, ambitieuse et créative, avec qui j’ai imaginé chaque jour ce que le Festival de Lanaudière devrait être aujourd’hui et ce qu’il pourrait devenir demain. Dès ma première semaine au Festival, toute l’équipe m’avait mentionné qu’elle espérait des prochaines années pleines de défis, de rêves, d’ambition… et elle a été servie! En quatre ans, ce que notre (petite) équipe a accompli, avec le soutien exceptionnel de notre conseil d’administration, relève de l’exploit – vous n’avez qu’à consulter notre dernier rapport annuel (et notre prochain!) pour le constater. Chère équipe, je ne saurais vous remercier assez pour tous ces moments que nous avons partagés.

 

Il y a quatre ans, alors que ma famille et moi déménagions dans le Grand Joliette en pleine pandémie, je ne m’attendais pas à être accueilli par une communauté aussi généreuse. Grâce aux artistes, festivaliers, bénévoles, donateurs, partenaires et nouveaux amis de tous horizons, ma famille et moi avons vécu à Joliette des années d’une profonde humanité, à la hauteur de la réputation de la région. Et que dire de ce milieu culturel joliettain en pleine ébullition, qui continue de se déployer à coups d’innovation, d’audace et de collaboration. Les Mr. Freeze glissés à mes filles à mon insu par les bénévoles à l’Amphithéâtre, les cafés chaleureux au Marcel avec des amis du Festival, les longues soirées à rêver à Joliette halte culturelle avec le Culture Club… À vous toutes et tous, pour tous ces petits et grands moments, un retentissant merci.

 

Alors, pourquoi quitter aujourd’hui le Festival de Lanaudière? Même si le moment pour quitter n’est jamais idéal, le Festival est présentement dans une position enviable : tout juste déménagés dans notre Maison de la musique René-Charette, nous nous dirigeons vers une édition record cet été. Des circonstances dans ma vie personnelle m’amènent aussi à quitter la région pour me rapprocher de ma famille. Dans cette optique, pour bien préparer la suite, le conseil d’administration et moi avons commencé à parler de ma relève il y a plusieurs mois déjà. Tout est en place pour trouver rapidement une nouvelle direction générale qui, avec l’équipe et le conseil d’administration, saura relever les défis à venir et amener le Festival vers de nouveaux sommets.

 

La suite…

 

Maintenant : quitter le Festival… pour aller où? Si mon départ du Festival de Lanaudière en surprendra quelques-uns, je suis certain que l’annonce prochaine de mon nouveau défi, à l’extérieur du milieu culturel, suscitera d’autres questions. Pourquoi effectuer ce « pas de côté », à l’extérieur du secteur des arts et de la culture, surtout à un moment où les enjeux y sont si fondamentaux?

 

Je baigne dans le milieu culturel depuis que j’ai neuf ans. À travers les Petits chanteurs du Mont-Royal, j’ai découvert les coulisses des concerts classiques professionnels, en chantant avec l’Orchestre symphonique de Montréal, l’Orchestre Métropolitain, l’Opéra de Montréal et tant d’autres. Depuis, je n’ai jamais cessé d’œuvrer dans ce milieu, sur scène avec QW4RTZ ou en arrière-scène, dans des organisations établies comme dans des projets qui démarraient. Je m’y suis épanoui, j’y ai rencontré des personnes exceptionnelles et j’y ai vécu de grandes émotions, les meilleures comme, quelquefois… les moins meilleures!

 

On l’a répété souvent, les travailleurs culturels et les artistes font des miracles avec des bouts de chandelles. Cette frugalité – imposée par nos modèles d’affaires, par un financement souvent inadéquat et, quelquefois, par notre propre instinct de survie – dicte notre manière de travailler et n’est pas étrangère à plusieurs enjeux que connaît notre milieu, de l’épuisement chronique aux enjeux de gouvernance, de RH, de finances… C’était pour réfléchir à ces questions que je m’étais inscrit dans un programme de MBA en 2019 : je souhaitais saisir cette opportunité pour explorer d’autres secteurs, notamment pour y trouver matière à inspiration pour les arts et la culture. La pandémie nous aura ramenés, ma famille et moi, au Québec et dans le milieu culturel.

 

 

Aujourd’hui, je ressens le besoin de faire, une fois pour toutes, ce « pas de côté » pour découvrir de nouvelles industries, manières de travailler et cultures organisationnelles. Comme en 2019, ma famille et moi nous embarquerons prochainement dans une grande aventure excitante. J’ai vraiment très hâte de partager avec vous ce qui m’attend professionnellement. Cependant, une chose ne changera pas même si je ne suis plus un travailleur culturel : vous continuerez de me trouver dans vos salles de concert, discret… sauf au moment de vous applaudir à tout rompre!

 

Amitiés,

Xavier