Le Festival dans les mots de Chloé Dumoulin

Profitant de sa position de plaque tournante internationale de la musique classique au Canada, le Festival de Lanaudière propose depuis 2022 un programme de mentorat qui permet à six jeunes musicien.ne.s classiques canadiens de créer des liens professionnels privilégiés avec des musicien.ne.s internationaux et des partenaires culturels. Découvrez-en plus sur l’expérience de l’une de mentorés de l’édition 2023 : Chloé Dumoulin

 

Formée au Conservatoire de musique de Montréal, Chloé Dumoulin y complète une double maîtrise en piano auprès d’André Laplante ainsi qu’en accompagnement avec Claire Ouellet en 2023. Couronnée grande gagnante de la catégorie piano, du prix spécial Hélène-Lessard et lauréate du Troisième Grand Prix Québécor du Concours Prix d’Europe 2021, Chloé est également récipiendaire du Grand Prix Canimex du Festival-Concours de Sherbrooke en 2021 et du premier prix du Concours de musique du Canada.

Chloé vient de participer au Mastercourse du prestigieux Oxford International Song Festival avec Olivier Bergeron, baryton, également mentoré 2023.

 

Parlez-nous de votre parcours musical, de vos débuts à aujourd’hui. Nous avons envie de comprendre ce qui vous a amené à la musique et à votre instrument.

 

Chloé Dumoulin

Mes parents ne sont pas des musiciens, mais étant de grands mélomanes, ils m’ont transmis très tôt leur amour pour la musique. Ils aiment me raconter que ma mère écoutait les concertos pour piano de Brahms ou de Chopin alors qu’elle était enceinte de moi. Ma grand- mère, ma « mamie », est une chanteuse lyrique et pianiste, qui a également fondé une école primaire à vocation musicale à Sainte- Thérèse, appelée Arthur-Vaillancourt (sur la rive-nord de Montréal). C’est ainsi que ma sœur, plus vieille que moi, a d’abord été à cette école et y a appris le violon. Je pianotais à l’oreille plusieurs mélodies que j’entendais, sur le piano de mamie, et j’adorais chanter, avant même de parler !

Je me suis inscrite à l’école Arthur-Vaillancourt en piano – quoique j’adorais le violon également !  Je suis ensuite allée au Pensionnat Saint-Nom-de-Marie, à Montréal, car je voulais absolument intégrer le programme musique-études, pour pouvoir continuer d’être dans une école où je pouvais faire de la musique pour la moitié de la journée.

Mon amour pour la musique n’a fait que continuer et je suis finalement allée au Conservatoire de musique de Montréal, où j’y ai complété mon cégep, mon baccalauréat et deux maîtrises – une en solo et une en collaboration. J’ai terminé mon parcours au Conservatoire en mai 2023 et ai intégré depuis septembre 2023 la Guildhall School of Music and Drama, à Londres, où j’habite pour y compléter un Artist Diploma, afin de me concentrer sur ma pratique artistique et mon développement personnel.

 

Le programme de cet été vous a permis de rencontrer plusieurs acteurs internationaux du milieu culturel. Qu’est-ce que vous retenez de ces rencontres ? 

 

Tellement de choses ! D’abord, la semaine à Lanaudière a été un lieu important de réflexions et d’introspection pour ma part, car je vivais un mode de vie musical assez intense à Montréal et je préparais ma transition vers Londres. Les rencontres sont donc arrivées au meilleur moment dans mon parcours. Il est difficile d’en réduire à quelques mots l’impact que ce programme ait eu sur moi, mais je retiens surtout le pouvoir d’une forte identité artistique : se connaitre, savoir dans quelle direction on veut aller et savoir s’entourer des gens alignés avec nos valeurs et nos buts.

 

J’en retiens également qu’il ne faut pas hésiter à se rapprocher des personnes avec qui nous désirons collaborer sur le plan artistique. La responsabilité individuelle de notre carrière et toutes les actions que l’on peut faire pour être la meilleure version de nous-mêmes en tant qu’être humain est intimement liée à l’évolution musicale. Nous avons parlé avec honnêteté d’égo, de gestion personnelle, d’individualisme et ces discussions m’ont nourrie en ce qui concerne ma relation à ces concepts et comment un artiste doit avoir suffisamment d’égo pour survivre.

 

Parlez-nous d’un fait marquant et/ou d’un concert qui vous a marqué lors de votre semaine au Festival de Lanaudière.

 

Concert Strauss au sommet | Orchestre Métropolitain

Deux concerts m’ont sincèrement marquée, soit le récital Tout Bach d’Angela Hewitt ainsi que la Symphonie Alpestre avec l’OM et Yannick Nézet- Séguin. Après une semaine chargée en discussions et réflexions, c’était plus qu’inspirant pour moi de revenir à la simplicité de la musique et aux émotions qu’un concert puisse nous procurer.

Je pense que la profondeur artistique de ces musiciens, de leur parcours et de ce qu’ils ont à offrir au monde est une grande leçon d’humilité. J’étais très émue après ces deux concerts, et je conserverai longtemps le sentiment que j’ai ressenti à l’écoute de cette musique offerte avec autant de générosité et d’authenticité. La qualité de concerts comme ceux-ci fait partie de l’équilibre qu’il faut y avoir, selon moi, dans un programme de mentorat où l’accent est davantage mis ailleurs que sur l’aspect de performance.

 

Pourquoi recommanderiez-vous à de jeunes interprètes de participer à un programme de mentorat tel que celui du Festival de Lanaudière ?

Je le recommanderais à quiconque veut investir dans sa carrière, qui se sent à une étape charnière et qui veut plus d’outils pour parvenir à ses objectifs. De par la qualité des rencontres qu’on y fait, autant au sein du groupe de mentorés qu’avec les mentors et l’équipe du Festival, plusieurs de connexions musicales et artistiques ont pris forme à Lanaudière !

Le programme de mentorat permet de prendre le temps de faire un véritable bilan personnel et d’ouvrir ses perspectives sur un plan plus large, autant sur le plan de la pensée que dans la réalité.

 

À VENIR POUR CHLOÉ DUMOULIN

  • Chloé étudie présentement à la Guildhall School of Music and Drama à Londres. Elle se concentre sur l’apprentissage de nouveaux répertoires et la construction de programmes pour des concours internationaux ;
  • Elle continue ses concerts avec le Quatuor Vatra ;

Chloé sera de plusieurs concerts de musique de chambre à Montréal dans les prochains mois, dont :

  • Le Centre canadien d’architecture dans la Programmation de la Chapelle Bon-Pasteur ;
  • Le Conservatoire de musique de Montréal pour leur série Intermezzo.

Chloé présentera également la première d’une œuvre solo écrite pour elle, qui sera présentée en collaboration avec l’ECM+ – en plus de l’enregistrement de son premier disque avec l’altiste Frédéric Lambert et ses nombreux projets personnels.

 

Le programme de mentorat du Festival de Lanaudière est rendu possible grâce à la générosité de la Fondation Père-Lindsay et du Fonds Jacques-Martin.

Les mentorés ont été hébergés à l’Appartement – coliving de Libre Entrepreneur.

Crédits-photos : Amélie Fortin & Agence BigJaw