Le Festival dans les mots de Noémie Raymond-Friset

Rédigé par :

Équipe marketing - Festival de Lanaudière

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Profitant de sa position de plaque tournante internationale de la musique classique au Canada, le Festival de Lanaudière propose depuis 2022 un programme de mentorat qui permet à six jeunes musicien.ne.s classiques canadiens de créer des liens professionnels privilégiés avec des musicien.ne.s internationaux et des partenaires culturels. Découvrez-en plus sur l’expérience de l’une de mentorés de l’édition 2023 : Noémie Raymond-Friset.

 

Reconnue comme une des «30 Hot Canadian Classical Musicians under 30» par CBC, Noémie Raymond-Friset est une violoncelliste et une éducatrice accomplie et expérimentée. Titulaire d’un doctorat en interprétation et littérature de la prestigieuse Eastman School of Music, elle jouit dune carrière internationale diversifiée qui la mène à se produire comme chambriste et soliste avec des orchestres réputés. Noémie agit également comme mentor de violoncelle et de musique de chambre pour le programme junior de lInstitut International de Musique Heifetz. 

 

Parlez-nous de votre parcours musical, de vos débuts à aujourd’hui. Nous avons envie de comprendre ce qui vous a amené à la musique et à votre instrument.

 

J’ai commencé le violon à l’âge vénérable de 4 ans. C’était une adolescente sur la rue qui offrait des cours aux enfants du quartier. J’ai tout de suite été intriguée par le son et de là est née ma passion pour la musique. Cet intérêt pour le violon –  que mes parents prévoyaient durer quelques mois seulement – aura finalement duré trois ans, jusqu’à la découverte du violoncelle à l’été de mes sept ans. Le son chaud et profond du violoncelle m’a complètement obnubilé et je me souviens de façon très claire de la drôle de sensation qui m’a habitée à ce moment; j’ai senti que je venais de trouver ma «voix». C’est plutôt difficile à décrire comme sentiment, mais toujours est-il que je suis officiellement devenue violoncelliste peu de temps après.  

 

À la suite de quelques années en cours privé, je suis entrée au Conservatoire de musique de Montréal à l’âge de 12 ans où j’ai étudié jusqu’à l’Université. J’ai ensuite fait mon BAC et ma Maîtrise à l’Université de Montréal. Rêve de longue date, je suis finalement partie étudier aux États-Unis, d’abord au New England Conservatory à Boston et ensuite à la Eastman School of Music où j’ai fait mon Doctorat en performance et littérature. Ces choix ont été motivés par mon désir d’une carrière internationale tant en performance qu’en enseignement.  

Maintenant de retour à Montréal depuis la pandémie, ces choix ont porté fruit, car je continu mes activités à l’international en donnant des concerts tant au Canada qu’à l’étranger ainsi qu’en enseignant la musique de chambre et le violoncelle à l’Institut International de musique Heifetz aux États-Unis et au Festival del Lago au Mexique durant l’été.  

 

Durant mes années à NEC et Eastman, j’ai eu la chance de développer deux intérêts en parallèle de mon éducation musicale, soit la médiation culturelle et l’administration des arts. Ces deux intérêts, un peu comme mes débuts en musique, ont été plutôt un concours de circonstances et j’ai réalisé en «ayant les mains à la pâte» que c’était quelque chose que j’aimais faire. En ce qui a trait à la médiation culturelle, j’ai assisté durant ma semaine d’orientation à NEC à une rencontre du Community Performances and Partnerships Program un peu par hasard. Ce n’était pas obligatoire, mais le nom a attisé ma curiosité et après avoir assisté à quelques minutes de leur présentation, j’ai tout de suite été intéressée par leurs activités. Les étudiants recevant un Fellowship de ce programme se voyaient offerts des cours afin d’apprendre à parler en public, mais surtout d’apprendre à adapter son discourt en fonction des différents types d’audiences (enfants, adultes, milieu médical, milieu carcéral, etc.) et pourront mettre en pratique les notions apprises en offrant plusieurs concerts dans la grande région de Boston durant l’année. J’ai décidé d’appliquer et j’ai eu la chance de recevoir deux Fellowships, un en instrument solo et un deuxième en musique de chambre. Je me suis donc retrouvée très impliquée dans ce programme au cours de mes deux années d’étude à NEC, chose que j’ai adoré.  

 

En ce qui concerne l’administration des arts, j’y ai trempé les pieds durant mes années d’étude à Eastman en devenant, durant ma dernière année, la coordonnatrice du programme de musique de chambre de l’Université de Rochester ainsi que la Directrice du Eastman Cello Ensemble et ce durant tout mon parcours à Eastman.  

 

J’ai beaucoup aimé mon expérience en arrière-scène à préparer les concerts, leur promotion et à gérer la coordination de tout cela. Quand je me suis fait offrir le poste de Directrice des opérations, du développement et des communications au Festival de musique de chambre de Montréal l’année dernière, forte de mon expérience positive durant mon parcours académique, j’ai décidé de sauter à pieds joints dans l’aventure! J’ai énormément appris durant la dernière année et j’ai adoré une fois de plus voir l’envers du décor, chose qu’on est rarement donné de voir en tant que musicien. C’est toutefois un travail énormément prenant et j’ai décidé de plutôt me consacrer à mes projets au violoncelle pour la prochaine année. Ceci dit, ce n’est pas la dernière fois que je mets les pieds dans l’administration des arts, car j’ai beaucoup aimé l’expérience.  

 

Le programme de cet été vous a permis de rencontrer plusieurs acteurs internationaux du milieu culturel. Qu’est-ce que vous retenez de ces rencontres ? 

 

C’était certainement une des semaines les plus inspirantes que j’ai vécu! Nous avons eu la chance de rencontrer des acteurs influents issues d’une multitude de sphères du monde de la musique, et nous avons formé plus de connexions en une semaine que ce qui nous est généralement donné en plusieurs mois! Ce que je retiens le plus est à quel point toute ces personnes ont eu des parcours en «zigzag», loin du parcours linéaire «traditionnel» qu’on idéalise comme jeune musicien.  

 

C’était vraiment inspirant de voir qu’il y a tellement de façons différentes d’arriver au succès et que chacun y est arrivé à sa manière. Toutes ces personnes ont également été tellement généreuses de leur temps et ont manifesté un réel intérêt de nous rencontrer. Nous avons eu la chance d’avoir des discussions en profondeur qui nous ont offert un regard nouveau sur notre milieu et l’heure juste sur les différents challenges de notre milieu et de notre profession. Nous avons obtenu des pistes de solutions adaptées à chacun des participants et c’était très intéressant de pouvoir aussi entendre le parcours de mes collègues durant ces rencontres.  

 

De façon plutôt paradoxale, cela nous a permis de nous sentir à la fois différents, mais moins seuls dans notre situation! Avec mon parcours un peu «touche-à-tout», j’ai adoré pouvoir rencontrer des sommités dans différents domaines des arts et j’ai trouvé vraiment inspirant que les acteurs du milieu que nous avons rencontrés nous encouragent à aller vers des parcours moins traditionnels, ce qui n’est pas toujours bien vu lorsque nous étions étudiants.  

 

Parlez-nous d’un fait marquant et/ou d’un concert qui vous a marqué lors de votre semaine au Festival de Lanaudière.

 

Celui qui me vient à l’esprit est le concert présentant la Symphonie Alpestre et le concerto pour 4cors par l’Orchestre Métropolitain. C’était vraiment fascinant de rencontrer en amont la majorité des acteurs qui ont rendu ce concert possible avec toute la logistique derrière cette organisation gigantesque. Nous avions aussi eu la chance d’assister à la répétition générale et de voir le travail en coulisses. Comme nous avions eu la chance de rencontrer plusieurs musiciens et directeurs qui ont œuvré au concert, le tout revêtit un caractère plus «personnel» en tant que membre du public. C’était aussi une prestation absolument épique! 

 

Pourquoi recommanderiez-vous à de jeunes interprètes de participer à un programme de mentorat tel que celui du Festival de Lanaudière ?

C’est une chance unique de faire des rencontres inspirantes, autant au niveau des personnalités internationales rencontrées lors du programme que des collègues avec qui l’on partage l’expérience. Nous avons la chance d’assister à des concerts incroyables, de voir les coulisses du plus grand Festival de musique classique au Canada, d’assister aux générales et de rencontrer de grands artistes tout juste avant leurs concerts : c’est une opportunité inestimable qui arrive rarement dans une vie 

Au niveau de mon expérience personnelle, je suis restée en contact avec plusieurs des personnes que nous avons rencontrées et deux de mes futurs projets sont directement en lien avec la semaine passée comme mentorée au Festival de Lanaudière. C’est sans compter toutes les choses que j’ai apprises durant cette magnifique semaine et les contacts précieux pour le futur. Je suis très reconnaissante d’avoir eu cette chance et je la recommande fortement à tous! 

 

À VENIR POUR NOÉMIE RAYMOND-FRISET

  • Noémie débute au printemps 2024 l’enregistrement d’un nouvel album pour violoncelle et piano, qui sortira à l’automne de la même année. Une tournée promotionnelle est en préparation, ainsi qu’un concert confirmé à Carnegie Hall en mars 2025 ;
  • Elle retournera à l’été 2024 à l’Institut international de musique Heifetz et au Festival del Lago pour y enseigner le violoncelle et la musique de chambre.

 

Le programme de mentorat du Festival de Lanaudière est rendu possible grâce à la générosité de la Fondation Père-Lindsay et du Fonds Jacques-Martin.

Les mentorés ont été hébergés à l’Appartement – coliving de Libre Entrepreneur.

Crédits-photos : Tam Photography & Agence BigJaw